Jean-Claude COMORASSAMY : "Mai 68 a forgé ma propre trajectoire syndicale!"

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TRIBUNE LIBRE DE Jean-Claude COMORASSAMY

 

Á l’aube même du cinquantenaire de mai 1968, au moment où le monde syndical s’apprête à défiler, à se rassembler ou encore d’autre, à s’adonner au concept de pique-nique dans un esprit chaleureux et convivial en ce premier mai 2018. Je pense convenable, un demi-siècle après, qu’on puisse porter une réflexion, de ce grand mouvement social, qui semble continuer de susciter polémiques et analyses divergentes.

Mai 68 n’a pas été le fruit du hasard, puisqu’il a incarné une symbolisation de la contestation étudiante en Métropole. Ce phénomène a aussi touché la Réunion, puisqu’il a incarné des aspirations très profondes, portées surtout par la jeunesse et le monde du travail. Ainsi, de nombreux bouleversements ont marqué cette période, qui s’avèrent aujourd'hui encore, ancrés comme un tournant important dans l'évolution des « mentalités et des libertés » pour beaucoup. L’occasion de replonger dans mes souvenirs.

Je me souviens, à peine âgé de 16 ans, j’ai entamé mon premier défilé, allant de l’église de Piton Saint-Leu à Saint-Leu ville, avec un groupe d’une vingtaine de jeunes venant des Avirons à côté d’un certain Raoul Lucas, un des leadership de la jeunesse de l’époque. Qui est devenu entre-temps une personne charismatique « bourrée » de connaissances, d’intelligence et de sagesse, acquises au fil des années, connu et reconnu par tous encore aujourd’hui.

Ainsi, sur ce parcours de plusieurs kilomètres, lorsque le cortège arriva en face de l’Usine sucrière de Stella St-Leu, lieu symbolisant encore aujourd’hui le monde ouvrier à travers le Musée, là aussi où mon père et les autres ouvriers travaillaient déjà depuis de nombreuses années dans des conditions assez difficiles…Au cours de cette escale, Raoul Lucas esquissa une « grande et forte ambition » que portera son discours improvisé d’une vingtaine de minutes, sur la jeunesse, les ouvriers…etc. Je peux le dire que cet homme m’a séduit par la franchise de son langage.

C’est sûrement là, que la source de mon envie d’engagement est née. Car, la suite va débuter avec mon premier investissement syndical. Puisqu’à 17 ans et demi, je suis embauché dans cette Usine sucrière et rapidement j’intègre le bureau de la CFDT, le seul syndicat qui semblait être autorisé à cette époque.

Si le chemin que j’ai parcouru depuis 1970 au sein de la CFDT, dont j’ai gardé ma vielle carte timbrée, gravée par ses valeurs. C’est d’abord à l’Usine sucrière de Stella que j’ai fait mes premiers pas comme délégué syndical et jusqu’à sa fermeture en 1978.

Par la suite, c’est l’hôpital psychiatrique qui m’a recueilli professionnellement, dont j’ai continué à entretenir et porter le flambeau de mon syndicat allumé, bien que parfois la flamme a dû vaciller à plusieurs reprises mais sans jamais s’éteindre, telle la flamme d'une bougie soufflée par des coups de vent.

Aujourd'hui encore, c'est avec une grande fierté que j’ai investi cette lignée syndicale, dont sa grande conception reste le dialogue et force de propositions. Ainsi, plus que jamais, il me semble très important que mes camarades et Jean Pierre le « gardien du temple», continuent à maintenir cette flamme éclairée afin de faire briller nos valeurs syndicales au plus haut sommet de la Réunion par le dialogue et d'être toujours force de propositions.

Jean Claude Comorassamy

Mai 68

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